Par Nathanël Jacqmin
Les élections communales, elles sentent bon le terroir. C’est là que s’expriment toutes les sensibilités locales, c’est là qu’éclatent au grand jour toutes les querelles de clochers ou même parfois les problèmes conjugaux de certaines personnalités notoires du village. Les élections communales ont quelque chose de tribal : il y a les clans, les notables, les vieux sages, les apprentis sorciers. Elle sont l’occasion de régler ses comptes dans ces petites communautés aux organisations souvent alambiquées et d’exprimer toutes les petites nuances qui font la richesse de la vie de tous les jours dans ces villages qui de l’extérieur paraissent si paisibles. Pour se présenter et exister, pas besoin d’études de marché ou de conseillers en communication coûteux. Elles ont ce côté amateur qui fait toute leur richesse.
Certains décident de prendre des sigles pour se donner un air branché (« GPS » à Huy, « USB » à Quaregnon, « BAse » à Braives,…) sans crainte de représailles des firmes commerciales. On donne un nom qui claque à sa liste , facile à retenir, du genre « Code Wasabi » pour « Wacourt-Alternative-Soutenables-Avenir-Bien-être-Innovant. » Derrière ce nom, on sent tous les compromis, toutes ces réunions ténébreuses pour exprimer idées et projets.
Si on veut montrer qu’on en a marre et qu’on veut changer les choses, il faut le dire clairement : « Assez » à Péruwelz, « Ras-le-Bol » à Belœil, « BoUGE + » à Chimay. Pour une image plus dynamique, « PEPS » (à Profondeville) « Élan » et « Osons » à Bertrix sont très tendance cette année.
Mais mon préféré cette année sera « FlashMacQueen » à Braine-le-Comte, pour Fédération loyale des affamés sans haricots Mais courageux Quand un enfant élégant naît. Un seul candidat sur cette liste avec pour seul objectif : voir son nom sur son le bulletin de vote pour le prendre en photo. C’est-t-’y pas beau, la démocratie ?















